Proposition Cartocyclo
Une traversée de la Forêt de Mercoire vous attend, que ce soit par la petite route étroite des Choisinets ou ses petites pistes. Dans un cas comme dans l’autre, c’est l’atmosphère à la fois enchanteresse et inquiétante des lieux qui mène la danse : c’est par ici que la Bête du Gévaudan commença sa carrière en 1764, ce qui est bien relevé par Stevenson dans son journal.
La version gravel est clairement sportive (de gros dénivelés sur bitume) mais s’enfonce au cœur de la forêt pour vous faire découvrir ses « ron » et son ambiance féérique. La version route permet de souffler un peu tout en profitant de la tranquillité des lieux. La fin du tronçon est commune (sur route), sauf pour les plus sportifs qui décideraient de faire le petit crochet sur piste et sentier jusqu’à l’Abbaye ND des Neiges.
Stevenson ne repart le mardi 24 qu’à 14h pour aller au Cheylard l’Evêque, censé être à seulement 1h30 de route. Il marche sous la pluie, la grêle, l’attente d’une neige potentielle… au milieu d’un paysage typique de la Margeride : des vallons entre entre landes, marais à bruyères, roches et sapins ou bois de bouleaux, sur de petits sentiers à peine formés qui forment des labyrinthes dans la broussaille. Au bout de 2 heures, il n’est qu’à Sagnerousse. Encore 2 heures plus tard, le soir tombe et il débouche dans une lande marécageuse dans le brouillard, au milieu de vaches et d’enfants qui font une ronde (étrange spectacle dans ces circonstances météorologiques). Au lieu de leur demander son chemin, il suit des fillettes qui ont l’air de rentrer chez elle et arrive dans un hameau. Les habitants lui sont « hostiles », lui ferment la porte au nez ou lui donnent de mauvaises indications, les fillettes lui tirent la langue (il en vient à apprécier la Bête du Gévaudan qui a dévoré tant d’enfants du coin!). Il passe son chemin, arrive sous une pluie battante et presque dans le noir à Fouzilhic (3 maisons à flanc de coteau, près d’un bois de bouleaux), où un vieillard le remet sur la piste du Cheylard l’Evêque. Mais la nuit est maintenant noire, il se perd dans l’obscurité totale, n’a même pas pris de quoi se restaurer, et décide de retourner à Fouzilhic pour se faire guider. Il se trompe et arrive à Fouzilhac, où il demande à un habitant de l’emmener au Cheylard. Il se trouve que l’homme est justement le père d’une des fillettes de la ronde. Il refuse mollement, malgré les propositions de rémunération (« c’est qu’il fait nuit noire »), Stevenson le prend très mal et maudit les habitants du hameau, qui ne lui ouvrent pas non plus leur porte. Il se résout à camper, mais alors qu’il n’a traversé que des bois toute l’après-midi, plus moyen de trouver un bosquet ! Il finit quand même par trouver un endroit où bivouaquer, finit par dormir bercé par le vent dans les branches, qui siffle « d’une gamme différente dans les bois du Gévaudan ».
Mercredi 25 septembre. Après une nuit réparatrice, réveil aux allures d’aventure de Premier Explorateur sur des terres vierges. Temps froid et orageux. Rapidement, il arrive de nouveau à Fouzilhic, et croise le vieux qui l’avait un peu guidé et le remet à nouveau sur la route… au bout de seulement 500 mètres, Cheylard l’Evêque est en vue !
A l’auberge du village, il raconte sa mésaventure, qui espante les aubergistes, se restaure en faisant sécher ses affaires. L’aubergiste fait des recommandations sur le paquetage qui fait souffrir Modestine, mais Stevenson (qui pensait l’aimer comme un chien au bout de 3 jours) admet n’en avoir cure. Il repart vers Luc sous un vent à décorner les bœufs, dans un paysage de désolation, froid, aride, pauvre en tout) : « une des contrées les plus misérables du monde (…) en dessous même des Highlands d’Ecosse, en pire ». Des montjoies bornent le chemin vers Luc.
Il nous partage sa vision du voyage : « Je voyage non pour aller quelque part, mais pour marcher. Je voyage pour le plaisir de voyager. L’important est de bouger, d’éprouver de plus près les nécessités et les embarras de la vie, de quitter le lit douillet de la civilisation »
Son moral ne remonte pas à Luc… il trouve l’atmosphère noire et cendreuse, la vallée de l’Allier désolante en cette saison. Le village consiste en une double rangée d’habitations serrées entre la rivière et la montagne. Il y dort à l’auberge.
Jeudi 26 septembre : il remonte l’Allier, les monts du Vivarais sur sa gauche et ceux du Gévaudan (encore plus nus) sur sa droite, et ça le désole. Il arrive à La Bastide, où on lui recommande de faire un crochet par le couvent trappiste de ND des Neiges, du côté Vivarais. De là, il profite du panorama au sud sur les Cévennes ardéchoises, sauvages et rocailleuses (de hautes montagnes rocheuses et bleues, avec en avant-plan une mer de montagnes couvertes de bruyères). En arrivant dans ce couvent catholique, il s’angoisse (« est-ce d’avoir reçu une éducation protestante ? »)… il y est finalement accueilli par les moines, parmi d’autres hôtes. Au bout de quelques discussions sur la politique et la religion, ses hôtes comprennent que c’est un « hérétique », il lui est recommandé de se convertir au plus vite. Il met un terme à son séjour à ND des Neiges le vendredi 27 septembre en début d’après-midi.
À la sortie de Langogne, une piste aux vues ouvertes (avec le barrage de Naussac en arrière) devient progressivement plus forestière avant de rejoindre la petite route des Choisinets (dont nous vous conseillons le tout petit crochet, et l’histoire de cet ancien orphelinat dans la version route). Suit une descente en fond de vallée du Langayrou sur une petite route à l’ambiance féérique, pour remonter en pente très raide vers Saint-Flour de Mercoire.
Retour sur piste, sur le “Sentier des Fées” qui porte bien son nom, dans cette forêt de sapins dense et moussue parsemée de blocs de granit, dont le ron de la Baoume, avant de retourner sur de petites routes pour une balade très bucolique et vallonnée (quelques pentes sont très raides), entre sapins et landes typiques de la Margeride.
Le ron de la Baoume: un chaos granitique qui cache une grotte.
Le « sapin de Stevenson »: un Douglas de 31 mètres de haut, planté il y a plus de 130 ans.
À Espradels, un petit crochet sur la piste du Mont Bruyère (globalement très confortable et plutôt plate) plonge encore plus fort dans ce contraste entre prairies aux magnifiques vues et forêt dense de sapins sur le sommet.
Avant de reprendre la route vers Luc, une pause s’impose à l’Etang de l’Auradou (attention aux cailloux).
Une pause pique-nique au bord de l’eau?

Vous arrivez à Luc en passant devant les ruines de son ancien château, dont une tour est surmontée d’une statue de la Vierge, visible à distance.
Le site était déjà occupé par les Celtes. Sa situation sur la voie Régordane, à la limite entre le Gévaudan et le Vivarais en ont fait une place défensive idéale. La construction de cet édifice remonterait au 6ème siècle, comme en témoigne la disposition des pierres en « opus spicatum » (ou arrêtes de poisson), encore visible sur les ruines.
La statue de la Vierge remonte elle exactement à l’époque de Stevenson : elle venait d’être installée sur l’ancien donjon transformé en chapelle et devait être consacrée quelques jours après son passage!

En quittant Luc, à partir de Rogleton, vous avez 2 possibilités :
la version tranquille par la route:
En longeant l’Allier jusqu’à La Bastide-Puylaurent sur des routes un peu plus transitées mais faciles.
la version sportive et technique par les pistes et l’Abbaye Notre-Dame des Neiges:
À Rogleton, bifurquer vers l’Abbaye ND des Neiges sur une petite blanche très tranquille dans les bois qui devient une piste, d’abord plutôt roulante avec quelques passages plus caillouteux puis progressivement plus raide et technique (particulièrement vers le sommet, avec des % très forts).
À la fin de la descente très raide (mauve), au croisement de plusieurs sentiers, suivre le GR et pas le panneau qui indique l’Abbaye.
Un passage plus dégagé en fond de vallée fait arriver à l’Abbaye, on rejoint La Bastide dans une alternance sympathique de prés et bois.
Fondée en 1850 par des moines trappistes au Mas de la Felgère (dans le fond de vallée où se trouvent les ruines de la grange, la croix et la statue de la vierge). L’Abbaye actuelle a été bâtie entre 1854 et 1861, et reconstruite en 1912 suite à un incendie.

Une traversée de la forêt de Mercoire en douceur et en tranquillité, à travers une alternance de prairies et de bois de sapins qui représentent bien le paysage de la Margeride.
Un tronçon reposant et néanmoins magnifique qui laisse le temps de profiter de l’ambiance magique, et intrigante – avec notamment l’ancien orphelinat des Choisinets.
Du 12ème au 19ème siècle, c’est un château, dont il reste aujourd’hui uniquement tours en ruine. Le site est ensuite transformé pour accueillir un orphelinat (un grand bâtiment de 3 étages est construit) et une église. Au cours du 20ème siècle, plusieurs incendies ravagent le site, aujourd’hui en cours de réhabilitation.
Lors du passage de Stevenson, l’orphelinat accueillait des enfants, peut-être ceux qui faisaient une ronde dans la prairie, qui sait ?

Les petites routes au dénivelé très léger sont parfaites pour se reposer un peu (en faisant un crochet par la piste gravel de l’étang de l’Auradou) et prendre le temps de visiter le château de Luc.
Le site était déjà occupé par les Celtes. Sa situation sur la voie Régordane, à la limite entre le Gévaudan et le Vivarais en ont fait une place défensive idéale. La construction de cet édifice remonterait au 6ème siècle, comme en témoigne la disposition des pierres en « opus spicatum » (ou arrêtes de poisson), encore visible sur les ruines.
La statue de la Vierge remonte elle exactement à l’époque de Stevenson : elle venait d’être installée sur l’ancien donjon transformé en chapelle et devait être consacrée quelques jours après son passage!

Après Luc, le passage un peu vallonné dans la vallée de l’Allier pour rejoindre La Bastide-Puylaurent se fait en partie sur une départementale orange (plus large, avec un peu de trafic), qui ne pose pas de difficulté ou de danger particulier.
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