Proposition Cartocyclo
En gravel, suivez au plus près les traces de Stevenson sur la Voie Verte qui remonte la Mimente puis sur les pistes forestières de la forêt de Fontmort, pour arriver à St-Germain-de-Calberte.
Ou partez sur les routes en remontant le Tarnon, à la découverte de la Can de l’Hospitalet, Barre-des-Cévennes et des petites routes étroites au cœur des châtaigneraies des vallées cévenoles jusqu’à St-Etienne-Vallée-Française. Un tronçon aux belles ouvertures sur le paysage.
Ces tronçons aboutissent à 2 endroits différents, mais il est facile de faire la connexion entre eux, pour passer du gravel à la route ou vice-versa.
Mardi 1er octobre, Stevenson quitte Florac en fin de journée et commence à chercher un lieu de bivouac (ce qui n’est pas chose facile). Il remonte la vallée de la Mimente, très minérale et couverte de bruyères rouges qui tapissent la roche, avec des chênes et châtaigniers qui poussent sur les flancs ou des terrasses pierreuses. Il longe les hameaux, notamment celui de Saint-Julien-d’Arpaon avec son ancien château-fort perché sur son éperon rocheux. Il finit par dormir à proximité d’une habitation.
Mercredi 2 octobre. Le climat a changé, le soleil chauffe davantage. Il rencontre un homme à qui il demande sa religion – sa réponse : « Je n’ai pas honte d’être catholique », signe de son appartenance à la minorité locale. Il arrive vers Cassagnas, où la route qui longe la Mimente est toute récente (les habitants sont encore surpris d’avoir vu passer les premiers véhicules). Cassagnas a aussi été un nœud stratégique de la guerre des Camisards, il y mange à l’auberge en discutant de religion. On essaie de le décourager de coucher dehors, à cause des loups.
Il quitte Cassagnas en traversant la Mimente pour filer droit vers le sud, sur le flanc de la montagne pierreuse jusqu’à la ligne de partage des eaux, au cœur du pays des Camisards, vers le Plan de Fontmort. Stevenson imagine un Camisard contemplant le paysage dévasté, les villages et hameaux anéantis en 1703… alors que 170 ans plus tard la vitalité de la région a repris ! C’est quand même la partie la plus sauvage de son voyage, il ne rencontre presque personne jusqu’à la nuit tombée. Il continue de marcher à la lueur de la lune et arrive dans Saint-Germain-de-Calberte endormie, où il passe la nuit à l’auberge.
Jeudi 3 octobre, le soleil se lève dans cette vallée encaissée et couverte de châtaigniers. Il visite le village, à peine plus grand qu’un hameau, implanté en terrasses sur la pente escarpée.
Il mange avec deux catholiques en discutant de religion. Ils boivent de la « parisienne », jus de raisin qui remplace le vin en cette période de dévastation des vignes par le phylloxéra (une grappe de raisin dans de l’eau, les raisins fermentent et éclatent – la quantité bue le jour est remplacée par de l’eau le soir et on recommence). Il quitte St Germain de Calberte seulement à 15h, pour descendre vers Saint-Etienne-Vallée-Française (« Val Francesque » comme on dit à l’époque) en descendant par le Gardon qui est à sec et dont on ne voit que le lit du torrent.
« La Cévenole », vestige du « Céfédé », voie de chemin de fer qui a relié Florac au bas des Cévennes entre 1909 et 1968. C’est aujourd’hui une voie verte en cours d’aménagement (revêtement très bon jusque Saint-Julien-d’Arpaon, puis plus sauvage ou caillouteux. Il y a quelques tunnels non éclairés, et une traversée de la N106).

Depuis Florac, suivez la Voie Verte « La Cévenole » jusque Cassagnas, avant de monter vers le Plan de Fontmort sur une piste au milieu des bois (le début de la montée est plus raide et inconstant, mais ça s’améliore progressivement).
Vers le Plan de Fontmort, vous pouvez faire une pause sur l’aire de pique-nique avant de changer de bassin versant.
L’obélisque commémorative des martyrs Camisards a été érigée en 1887 sur ce lieu emblématique. C’est ici que le 22 juillet 1702 s’est organisé l’assaut qui a mené 2 jours plus tard à la mort de l’abbé du Chayla, début officiel de la Guerre des Camisards.
Découvrez aussi la légende de la Vieille Morte (surtout si vous continuez le gravel après Saint-Germain-de-Calberte, par la Montagne de la Vieille Morte).

La suite de la piste est un peu plus technique : il y a quelques dalles de schistes qui peuvent être glissantes en cas de pluie. La pente joue au toboggan, sans grosse difficulté sportive.
À la Pierre Plantée, n’oubliez pas de rester sur la piste au lieu de suivre le GR70 (étroit et technique). Ce n’est pas le tronçon avec le plus de vues (vous restez principalement dans les bois, avec quelques belles ouvertures sur le paysage), mais il a tout son charme et l’avantage de la tranquillité.
Vous profitez ensuite d’une bonne descente vers Saint-Germain-de-Calberte, par Les Calquières.
Vous avez ici un ensemble de bancels (terrasses en pierres sèches de schiste) qui a conservé ses caractéristiques ancestrales. Exposées au sud-est, à l’abri du gel et du vent, ces terrasses doivent être cultivées à la main, dans une terre autrefois montée à dos d’homme (il se pourrait que les moines installés à Saint-Germain au 14ème soient à l’origine de cet aménagement).
Les habitants se mobilisent aujourd’hui pour réhabiliter le site et continuer à le cultiver et l’entretenir, après un déclin entamé dès la fin du 19ème siècle.

A Saint-Germain-de-Calberte, n’hésitez pas à passer par l’Office du Tourisme pour découvrir le sentier d’interprétation qui vous fait découvrir l’histoire du village et son patrimoine architectural…
La religion réformée est présente dès le milieu du 16ème siècle à Saint-Germain-de-Calberte, et un temple côtoie dès le 17ème siècle l’église catholique au coeur du bourg, qui devient un important centre de promotion de la religion protestante.
En réaction à ce succès, l’abbé Chayla fait détruire le temple dès la révocation de l’Edit de Nante en 1685 et impose à la place un séminaire catholique destiné à convertir les enfants de ce pays acquis à la religion réformée.
Il est haï dans toutes les Cévennes, mais particulièrement à Saint-Germain-de-Calberte, où son corps est amené le 27 juillet 1702 pour ses funérailles (comme il l’avait souhaité), menant lieu à de nouveaux affrontements entre catholiques et protestants.
Ce n’est qu’en 1825 qu’un temple est reconstruit, cette fois-ci en contrebas du village, sur un éperon rocheux.
Si vous souhaitez continuer sur la version route du prochain tronçon, vous avez 2 possibilités:
A partir de Florac, remontez le Tarnon en légère montée jusqu’à Racoules, avant de grimper vers la Can de l’Hospitalet sur une petite route à lacets.
Les vues se dégagent au sommet et vous pourrez profiter du magnifique paysage à l’approche de la barre rocheuse qui couronne le village de Barre-des-Cévennes (en arrière, vous pouvez encore apercevoir le Causse Méjean).
Barre-des-Cévennes était autrefois un carrefour commercial important, où se célébraient une dizaine de foires par an. La disposition typique du village en est le témoin. Vous pouvez aussi emprunter le sentier pédestre qui grimpe sur le Castelas et profiter des hauteurs pour admirer le paysage.

Après Barre-des-Cévennes, vous plongez au cœur des vallées typiquement cévenoles.
L’obélisque commémorative des martyrs Camisards a été érigée en 1887 sur ce lieu emblématique. C’est ici que le 22 juillet 1702 s’est organisé l’assaut qui a mené 2 jours plus tard à la mort de l’abbé du Chayla, début officiel de la Guerre des Camisards.
Découvrez aussi la légende de la Vieille Morte (surtout si vous continuez le gravel après Saint-Germain-de-Calberte, par la Montagne de la Vieille Morte).

Après le Plan de Fontmort, la route devient encore plus étroite et intimiste, vallonnée et minérale, parsemée de quelques hameaux aux maisons en schiste (La Coste) qui semblent accrochées au flanc rocheux. Les châtaigniers sont omniprésents mais n’empêchent pas de profiter du magnifique paysage.
C’est en bas de la petite route blanche (au Pont de Négase) que vous pourrez rejoindre la version gravel du dernier tronçon, en prenant au choix:
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