Proposition Cartocyclo
Stevenson a d’abord traversé le Mont Lozère (du Nord au Sud) jusqu’au Pont-de-Montvert avant de longer la haute vallée du Tarn pour atteindre Florac.
Nous vous proposons une traversée plus intensive du Mont Lozère, d’Est en Ouest pour les deux variantes; dès son sommet via la “piste des Chômeurs”, les Puechs des Bondons et l’Esquino d’Aze pour le gravel – ou sur les routes époustouflantes parsemées de chaos granitiques en passant par le Pont-de-Montvert, sur le flanc du Mont Lozère.
Quel que soit votre choix, nous vous recommandons de faire un crochet à pied par le sentier des montjoies pour profiter du panorama à 360° du Pic Finiels.
Toujours samedi 28 septembre, en fin de journée, Stevenson quitte Le Bleymard à travers les pins et atteint un vallon herbeux où coule un ruisseau. C’est là qu’il passe la nuit, en émettant des considérations sur le sommeil dans la nature plutôt que dans une maison :
« La nuit est un temps de mortelle monotonie sous un toit ; en plein air, par contre, elle s’écoule, légère parmi les astres et la rosée et les parfums. Les heures y sont marquées par les changements sur le visage de la nature. Ce qui ressemble à une mort momentanée aux gens qu’étouffent murs et rideaux n’est qu’un sommeil sans pesanteur et vivant pour qui dort en plein champ. La nuit entière il peut entendre la nature respirer à souffles profonds et libres. Même, lorsqu’elle se repose, elle remue et sourit et il y a une heure émouvante ignorée par ceux qui habitent les maisons : lorsqu’une impression de réveil passe au large sur l’hémisphère endormi et qu’au-dehors tout le reste du monde se lève. »
Dimanche 29 septembre. Dans un brouillard bleuâtre qui recouvre le vallon où il a dormi, le soleil se lève sur les monts du Vivarais en une large bande orange et le brouillard finit par se dissiper. Il quitte le vallon en laissant quelques pièces de monnaie sur le sol, comme pour payer l’hébergement. Il grimpe sur le Mont Lozère (une montée de gazon pelé), se guide grâce à des montjoies. Les vues sur l’adret (versant sud) s’élargissent progressivement: le paysage est un plateau sauvage saupoudré de landes, avec à peine un arbre ou une maison qui dépasse de temps à autre. Au sommet du Pic Finiels, il aperçoit la « mer de Cévennes » (d’inextricables montagnes bleues dans l’étendue brumeuse du ciel) et en comparant avec les haut plateaux tristes et dénudés qu’il vient de quitter (et dont la seule chose remarquable est la Bête), il estime que ce n’est que là que vont commencer « les Cévennes des Cévennes », où s’est déroulé un chapitre « romantique » de l’Histoire, la Guerre des Camisards. Stevenson est très intéressé de savoir ce qu’il subsiste du protestantisme dans cette région.
Il redescend du Pic sur la piste du versant sud escarpé, jusque dans la vallée de Finiels, entre collines et prés verdoyants parcourus de ruisseaux qui se rassemblent en une rivière qu’il suit en descente. Les flancs de la montagne sont escarpés et pierreux, avec des chênes accrochés et des ruisseaux qui cascadent sur des chaos de roches rondes (granitiques). La transparence de l’eau l’émerveille, les prairies sont d’un vert unique…
Il arrive à Pont-de-Montvert (appelée en Angleterre « Greenhill Bridge »), dont il sent tout de suite le cachet « méridional » par rapport au Monastier ou Langogne, et même les gens sont différents (aimables, vifs et intelligents – et les femmes sont enfin belles!). Il nous rappelle au passage le rôle du Pont-de-Montvert et de l’Abbé du Chayla dans la Guerre des Camisards.
Stevenson reprend la route vers Florac. La « nouvelle route » (départementale actuelle) vient d’être construite, à mi-hauteur le long du Tarn, qui creuse des gorges dans la roche. Malgré les flancs escarpés, des châtaigniers parviennent à pousser. Il arrive en bas de la vallée du Tarn à la tombée du jour et cherche un endroit où dormir mais les rares terrasses sont trop étriquées. Il finit par trouver un endroit où se poser dans une châtaigneraie, où il passe une nuit qui ne vaut pas la précédente.
Dimanche 30 septembre. Il rencontre un religieux protestant habitant La Vernède, qui l’emmène à l’auberge du hameau, essentiellement constitué de protestants, à sa grande surprise. Il reprend la route, passe près du château du Miral sur son éperon rocheux (église et presbytère à cette époque) et par Cocurès, groupe de toits noirs de lauze parmi les vergers, vignobles et prés.
A son arrivée à Florac, il découvre son château, son boulevard bordé de platanes, ses quartiers anciens et sa surprenante source qui jaillit de la falaise. Son voyage suscite discussions et controverses sur l’itinéraire à prendre à travers les vallées cévenoles. Il en profite pour discuter avec les habitants de cette spécificité de Florac: la coexistence relativement pacifique des protestants et des catholiques (représentés pour moitié chacun) et des idées politiques associées.
La montée du Bleymard vers le sommet rond du Mont Lozère se fait par la route, principalement dans les bois.
Le paysage commence à s’ouvrir sur les perspectives plus pelées des landes à bruyères, il est temps de quitter la route pour reprendre la piste… à moins que vous ne suiviez d’abord les montjoies qui vous mènent jusqu’au Pic Finiels?

Hautes de 1,5 à 2 mètres de haut, les montjoies bordent les anciens chemins de transhumance et servaient à se repérer dans la neige ou le brouillard (les fameuses « tourmentes »).
Il est facile de confondre les montjoies et les bornes templières… mais ces dernières sont gravées d’une croix de l »Ordre de Malte (elles servaient à délimiter le territoire appartenant aux Templiers Hospitaliers).
A la séparation des tronçons route et gravel, vous pouvez laisser votre vélo et continuer à pieds sur le sentier des montjoies pour atteindre le Pic Finiels (l’aller-retour fait 7,5 km).
Si vous n’avez pas le temps, vous pouvez bifurquer plus loin sur la piste et passer par le sentier de la borne templière (3,8 km aller-retour à pied).
Au sommet, le Pic Finiels vous offre un panorama à 360° (avec table d’orientation).

La piste forestière « des Chômeurs » sur la crête arrondie du Mont Lozère donne l’impression de rouler sur le toit du monde, entre landes à bruyère et genêts.
La pente est montante mais légère et le revêtement très praticable.
Construite dans les années 1930 pour desservir les grands chantiers forestiers mis en place à cette époque, la main-d’oeuvre recrutée consistait principalement en chômeurs de la région.
En avançant vers l’Ouest, le paysage devient plus boisé. Vous pouvez faire un détour par la Croix de Maître Vidal (en utilisant la carte numérique, elle se trouve juste en-dehors de la carte papier) avant de descendre vers Les Laubies et rejoindre la route.
La Croix de Maître Vidal et le Roc des Chiens Fous racontent une même histoire… Maitre Vidal (colporteur libraire ou éleveur de moutons selon les sources) se serait fait surprendre par une « tourmente » et périt dans la tempête de neige, alors que ses chiens s’étaient réfugiés à l’abri d’un chaos rocheux non loin de là. Les chiens survécurent à l’hiver mais la faim les rendit fous.

La suite du gravel est une piste bordée de menhirs qui file droit vers les Puechs des Bondons, où le Causse Méjean apparaît en fond.
Les Puechs des Bondons sont des mamelons de marne noire ayant résisté à l’érosion, dont la hauteur n’excède pas 100 mètres mais la forme est reconnaissable entre mille. Il semble qu’ils aient été formés par Gargantua lui-même, en décrottant la terre de ses sabots…
La piste (au revêtement agréable) parcourt le flanc de l’Eschino d’Aze (« échine d’âne ») en descente par paliers, avec une alternance de passages boisés et de vues ouvertes sur le Causse de Sauveterre à droite. La petite remontée “coup de cul” vaut la peine, pour son magnifique panorama.
La descente (parfois sablonneuse et plus raide) vers Malbosc est assez technique (parfois sablonneuse, en paliers) mais elle permet une vue à 360° et se termine à Chadenet sur une petite route blanche très étroite et minérale qui rallie Bédouès dans la vallée du Tarn.
Sa Collégiale, construite par le Pape Urbain V.

Un dernier passage de sentier étroit permet d’éviter la D998 et la N106 peut être longée derrière la glissière de sécurité du côté droit pour atteindre Florac.
Faites attention aux randonneurs à pied sur ces passages plus étroits.
Découvrez son château et flânez dans son vieux quartier historique. N’hésitez pas à passer à la Maison du Parc National des Cévennes pour découvrir ce territoire aux multiples facettes, et à nous faire coucou.

La montée du Bleymard vers le sommet rond du Mont Lozère se fait par la route, principalement dans les bois.
C’est après la séparation des tronçons gravel et route que les paysages s’ouvrent sur les landes à bruyères typiques du Mont Lozère. Avant de continuer votre route, pourquoi ne pas découvrir le sentier des montjoies qui vous mène jusqu’au Pic Finiels?

Hautes de 1,5 à 2 mètres de haut, les montjoies bordent les anciens chemins de transhumance et servaient à se repérer dans la neige ou le brouillard (les fameuses « tourmentes »).
Il est facile de confondre les montjoies et les bornes templières… mais ces dernières sont gravées d’une croix de l »Ordre de Malte (elles servaient à délimiter le territoire appartenant aux Templiers Hospitaliers).
A la séparation des tronçons route et gravel, vous pouvez laisser votre vélo et continuer à pieds sur le sentier des montjoies pour atteindre le Pic Finiels (l’aller-retour fait 7,5 km).
Si vous n’avez pas le temps,vous pouvez rejoindre le Pic Finiels sans passer par les montjoies, en prenant le prochain sentier sur la route, un peu avant le Col Finiels (4,8 km à pied).
Au sommet, le Pic Finiels vous offre un panorama à 360° (avec table d’orientation).

Retour sur la D20, qui vous offre un paysage presque lunaire sur le « dos » du Mont Lozère, jusqu’au Col Finiels. Dans la descente vers le Pont-de-Montvert, découvrez ses majestueux chaos granitiques qui parsèment le paysage, avec au loin, le Causse Méjean qui se dessine.
Les chaos granitiques se sont formés en plusieurs étapes. Le granite étant une roche particulièrement peu souple, les mouvements de terrain provoquent facilement des fissures. L’eau y pénètre, provoque de l’érosion douce ou de la gélifraction, faisant éclater encore le granite sous l’effet du gel. De cette érosion nait l’«arène granitique», les particules plus fines qui seront emportées par le vent ou le ruissellement, dégageant progressivement les blocs de granite intacts.
Au Pont-de-Montvert, la Guerre des Camisards vous rattrape, mais vous pouvez aussi profiter d’une pause baignade dans le Tarn.
Situé idéalement entre la montagne du Bougès et le Mont Lozère, Le Pont-de-Montvert était un passage obligé pour les troupeaux en transhumance depuis les plaines du Languedoc pour rallier les estives. Son pont (du 17ème siècle) surmonté d’une tour de péage en est encore une trace.

Le Pont-de-Montvert est véritablement le berceau de la Révolte des Camisards qui eut lieu entre 1702 et 1704 et opposa protestants et catholiques dans l’ensemble des Cévennes. La colère grondait déjà depuis la révocation de l’Edit de Nantes en 1685, dans cette région où la majorité des habitants avait adopté la religion réformée. L’abbé du Chayla avait été installé au Pont-de-Montvert pour les convertir au catholicisme, non sans mal (violence et torture étaient au programme). Le 24 juillet 1702, c’en fut trop : des insurgés mirent le feu à la maison de l’abbé et le poignardèrent avant de le jeter du haut du pont, marquant le début de la Guerre des Cévennes.
Pour rejoindre Florac, suivre le Tarn depuis le Pont-de-Montvert peut se faire par la « nouvelle route » évoquée par Stevenson (D998, par ailleurs très belle et qui fait découvrir les ruines du château du Miral) mais elle est assez fréquentée en saison.
Nous vous proposons donc de remonter sur le flanc sud du Mont Lozère pour continuer à profiter des vues sur le Causse Méjean, sur une petite route étroite et très tranquille.
Une pause baignade bien rafraîchissante à la cascade de Runes (dont la hauteur de chute dépasse 60 mètres) ne pourra que vous faire du bien! Laissez les vélos près de la table de pique-nique et descendez à pied au bord de l’eau (une petite marche sportive vous attend).

Après Runes, il reste à redescendre dans la vallée du Tarn pour rejoindre la D998 à Bédouès. La fin du tronçon se fait le long de la N106 (sur la route ou le long de la glissière de sécurité) pour atteindre Florac.
Sa Collégiale, construite par le Pape Urbain V.

La fin du tronçon se fait sur la D998 et le long de la N106 (sur la route ou le long de la glissière de sécurité) pour atteindre Florac
Découvrez son château et flânez dans son vieux quartier historique. N’hésitez pas à passer à la Maison du Parc National des Cévennes pour découvrir ce territoire aux multiples facettes, et à nous faire coucou.

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