« Je serais bien parti en itinérance, mais je ne suis pas du tout sportif », « J’ai peur de ne pas y arriver », « À mon âge, je ne vais pas commencer le voyage à vélo! »… 

Voici quelques-unes des croyances qui peuvent être un frein à se lancer dans l’aventure de la cyclo-itinérance. Désamorçons-les tout de suite, en vous donnant des pistes et conseils de gestion de l’effort en voyage à vélo qui vous aideront à ne pas griller vos cartouches, pour mieux profiter des plaisirs du voyage…

Se préparer physiquement

On ne va pas se mentir: un vélo-taffeur qui roule 10 kilomètres chaque jour ou un cyclo-touriste adepte des 100 bornes dominicales seront physiquement plus affutés pour démarrer un voyage… n’importe quelle autre activité physique régulière est d’ailleurs un atout. Si vous envisagez de partir quelques jours ou semaines à vélo, n’hésitez donc pas à vous préparer physiquement: un peu de cardio, des balades à vélo d’une demi-journée… tout est bon à prendre! Et si vous partez pour un plus long voyage, les deux premières semaines peuvent faire office de préparation physique.

Au sommet la récompense!
Au sommet la récompense!

Avoir un vélo adapté

Et par « adapté », je ne parle pas d’avoir l’assistance électrique! Avant de se précipiter sur le choix du VAE (Vélo à Assistance Électrique) – plus cher, polluant et contraignant – vérifiez si vous pouvez profiter de la liberté de la cyclo-itinérance avec un bon vieux vélo dit « musculaire ». Même pas besoin d’une randonneuse neuve, il suffit juste que votre vélo:

 

  • soit à votre taille et morphologie, pour que le travail de votre musculature soit pleinement efficace, sans vous blesser
  • vous permettre de « mouliner » suffisamment, pour ne pas forcer. N’oubliez pas que vous porterez des sacoches, un développement de vélo de course peut vite atteindre ses limites dans certaines côtes…
  • soit en bon état: s’il vous est difficile de passer d’un plateau à l’autre, si vos pneus sont mal gonflés ou si vos freins sont trop serrés, il vous sera plus dur de gérer l’effort
  • Des cales-pieds sont un atout: ils permettent de doubler la force mise dans le pédalier, en tirant la pédale vers le haut au lieu de seulement la pousser vers le bas. Il existe de simples cales-pieds parfaitement adaptés au voyage à vélo (utilisables avec des chaussures standards), pas besoin d’opter pour des pédales automatiques sportives.

Limiter le poids des sacoches

Si le poids a moins d’importance à vélo qu’à pieds, vos sacoches peuvent se transformer en vrais boulets si vous commencez à grimper. Autant limiter l’effort pour mieux le gérer: moins vous emporterez de superflu, plus vous aurez de plaisir à pédaler!

Adieu les croyances limitantes

Adieu les croyances limitantes
Adieu les croyances limitantes

Après le matériel (corps et vélo), il est temps de se pencher sur un de nos chers compagnons de voyage: le cerveau. D’expérience (la nôtre et celle de nombreux cyclos croisés en route), le mental peut être à la fois notre meilleur ami et notre pire ennemi. En partant négatif, avec la certitude qu’on n’y arrivera pas, l’effort et la fatigue se font sentir dès les premiers kilomètres, indépendamment de la difficulté ou de la puissance réellement déployée.

Tout en restant raisonnable sur ses objectifs, il vaut donc mieux se mettre dans des conditions positives pour commencer la journée ou le voyage. Décider de mettre le découragement au fond d’une sacoche le temps du pédalage.

Être à l'écoute de son corps et de ses sensations

La cyclo-itinérance, c’est une formidable opportunité de se remettre d’équerre avec soi-même, prendre le temps de faire connaissance avec cette formidable machine qu’on utilise chaque jour sans toujours y prêter attention. Et il y a fort à parier que votre corps, le temps du voyage à vélo, vivra à un rythme totalement différent de la vie quotidienne! Quand et combien boire, manger, se reposer… il n’y a pas de règle fixe, à chacun sa recette: grignoter tout au long de la journée ou faire de gros repas, cuisiner le matin, le midi ou le soir, faire une sieste ou se lever à l’aube pour éviter la chaleur, rouler de petites journées et en profiter pour faire des visites ou de la rando, ou pédaler jusqu’à la tombée de la nuit, etc. C’est en testant ces options et en restant à l’écoute de ce qui vous convient le mieux que vous gérerez au mieux l’effort tout au long du voyage.

Prendre son temps

C’est la suite logique de ce qui précède: si vous prévoyez des journées trop longues, sur des distances qu’il vous sera difficile de tenir, vous n’aurez pas la possibilité d’être à l’écoute de vos sensations et risquerez de griller vos cartouches.

 

Le conseil s’applique aussi ponctuellement, sur les cols et longues côtes à franchir. Prenez votre temps, moulinez suffisamment et profitez du paysage pour vous arrêter, vous hydrater ou grignoter et prendre quelques photos-souvenirs.

Faire des pauses

Rester flexible

Pour être pleinement à l’écoute de ses sensations et en mesure de prendre son temps, rien de mieux que la flexibilité dans l’élaboration de son voyage à vélo. Rien n’empêche de se renseigner sur les logements disponibles sur l’itinéraire choisi, mais est-il bien nécessaire de tous les réserver, en fixant les dates de passage? Difficile de dire à l’avance si telle journée à 60 kilomètres ne sera pas trop longue ou si l’envie ne nous prendrait pas de passer quelques heures à visiter un musée ou un village au lieu de pédaler? Au contraire, on pourrait avoir eu peur de s’attaquer à un col de montagne ou une région vallonnée, pour se rendre compte en cours de route que les mollets et la motivation sont gonflés à bloc…

 

Le bivouac est un bon moyen de garder de la flexibilité lors de son voyage, mais d’autres solutions existent: le réseau d’hébergement Warmshowers, les campings et gîtes d’étape sont un bon compromis.

En bref...

Comme vous l’aurez compris, il n’y a pas une recette magique pour la gestion de l’effort. La règle de base est d’écouter son corps et de ne pas être trop gourmand. Vous verrez, petit à petit, et en prenant des « pauses photos », tout le monde est capable de gravir des montagnes!

Au sommet du Galibier
Notre tout premier grand col!

Et pour une mise en pratique de la gestion de l’effort en voyage à vélo, rien de tel que ces guides et atlas CartoCyclo: